Comment les odeurs sont-elles traitées ?

Principe n°1 : confiner les sources et isoler les bâtiments

Les mauvaises odeurs sont produites à l’intérieur des bâtiments où les déchets sont réceptionnés et traités. Il faut donc éviter qu’elles ne s’échappent à l’extérieur et se diffusent dans le voisinage. Le principe consiste à « emprisonner » les odeurs à l’intérieur des bâtiments.
Tout d’abord, on isole les bâtiments et on renforce leur étanchéité. Puis on confine les principales sources d’odeurs. Par exemple, on capote l’entrée et la sortie des cylindres de pré-fermentation ainsi que le convoyeur qui amène les déchets vers installations de
tri. De même, la maturation du compost s’effectue dans des tunnels entièrement étanches.

 

Principe n°2 : capter l’air chargé d’odeurs

Les odeurs étant « emprisonnées », il faut ensuite les capter pour pouvoir les traiter. L’air est donc renouvelé en permanence à l’intérieur des bâtiments. On y fait entrer de l’air « frais » provenant de l’extérieur et on évacue l’air intérieur chargé d’odeurs. C’est ce qu’on appelle la mise en dépression des bâtiments.
Cet air nauséabond est dirigé vers des canalisations, avant d’être traité pour neutraliser et détruire les composés malodorants qu’il contient. L’air dépollué est ensuite rejeté à l’extérieur en hauteur, par une cheminée.

 

Principe n°3 : neutraliser et détruire les mauvaises odeurs

Le traitement des odeurs de la future installation de Bordères-sur-l’Échez associe deux techniques de traitement des odeurs.

La filtration sur charbon actif
Cette technique concerne l’air peu chargé en odeurs contenu dans les bâtiments de réception et de tri. Pour cela, on le fait passer  dans des réservoirs remplis de charbon actif. Les molécules organiques malodorantes sont retenues par polarité à la surface du charbon actif.

Le lavage et les biofiltres
Ce principe est utilisé pour l’air le plus fortement chargé en odeurs. Le lavage permet de traiter l’ammoniac. On fait passer l’air extrait dans des colonnes d’eau contenant ce que, en chimie, on appelle un acide. En l’occurrence, il s’agit d’acide sulfurique. Celui-ci réagit  avec l’ammoniac pour produire un composé azoté qui peut être utilisé comme engrais.
Puis on fait passer l’air débarrassé de l’ammoniac dans des biofiltres constitués de végétaux. Ce sont alors les bactéries présentes  dans ce milieu qui vont consommer ou décomposer les molécules organiques restantes. Ces bactéries vont « casser » les liaisons moléculaires et transformer les composés malodorants en corps simples, qui ne sentent plus !