Pourquoi y a-t-il eu des problèmes ailleurs ?

Il existe actuellement 6 UTV en France qui utilisent un procédé similaire à celui prévu pour Bordères : tri mécano-biologique et méthanisation. Des problèmes de nuisances olfactives se sont effectivement posés dans certaines d’entre elles.

Plusieurs facteurs interviennent dans les phénomènes de nuisances olfactives. Exemples :
1. Des sources d’odeurs qui ne sont pas suffisamment confinées
- Le compostage réalisé à l’intérieur d’un bâtiment de grand volume difficile à confiner,
- Des entrées et sorties de bioréacteurs situées en extérieur et non capotés,
- Des convoyeurs acheminant les déchets non capotés.

2. Des bâtiments mal isolés de l’extérieur
- Le bâtiment où est située la zone de réception des déchets n’est pas équipé d’un sas. Ses portes s’ouvrent et se ferment lentement. Chaque fois qu’un camion vient déverser son chargement, de grands volumes d’air malodorants se diffusent à l’extérieur.
- La réalisation d’une mauvaise étanchéité au niveau du bardage d’une des pièces spéciales (trappe de désenfumage) devient génératrice de fuites d’odeurs.

3. Un renouvellement de l’air sous-dimensionné
La gestion des nuisances olfactives passe par le captage et le traitement de l’air des bâtiments. Il s’exprime en m3 traités par tonne accueillie sur l’installation. Insuffisamment dimensionné, il représente entre 1 et 1,5 m3 par tonne sur les installations existantes.

4. Des problèmes de conception et d’exploitation
- Désignation du constructeur et de l’exploitant par des marchés différents. Lors de désaccords, de problèmes, chacun se renvoie la balle.
- Une mauvaise estimation des contraintes d’exploitation liées à la conception des installations.
- Des élus qui exigent que tous les déchets soient réceptionnés et traités, sans toujours tenir compte des risques de saturation des lignes de traitement, en particulier lors de la mise en service.

La situation peut se donc résumer ainsi : les mauvaises odeurs se diffusent à l’intérieur des bâtiments. L’air n’y étant pas suffisamment capté, elles peuvent alors se disperser à l’extérieur et générer des nuisances pour les riverains.
Pour remédier à tous ces problèmes, les responsables des UTV qui y ont été confrontées, ont du engager de nouveaux  investissements, pour mieux confiner les sources d’odeurs, mieux isoler les bâtiments et renforcer les systèmes de renouvellement  d’air.

 

L’UTV 65 bénéficiera de tous ces retours d’expérience
1. Toutes les sources d’odeurs y seront confinées
- Le compostage est réalisé à l’intérieur de tunnels fermés, situés eux-mêmes à l’intérieur d’un bâtiment,
- Les entrées et sorties de bioréacteurs sont situées à l’intérieur des bâtiments et sont en plus capotées,
- Tous les convoyeurs de déchets sont capotés.

2. Isolation des bâtiments
- Le bâtiment de réception des déchets est équipé d’un sas largement dimensionné. Il reste donc toujours fermé, même quand des camions viennent y déverser leur chargement.
- Toutes les portes extérieures seront de type ouverture et fermeture rapides (moins de 3s).
- Mise en oeuvre sur des bâtiments d’un bardage à double épaisseur permettant d’améliorer l’étanchéité.

3. Une augmentation conséquente du taux de renouvellement de l’air
Il sera de 221 000 m3 à l’heure pour un volume de bâtiment de 100 000 m3 et un tonnage de 70 000 tonnes traitées par an. L’air y sera donc renouvelé plus de deux fois en une heure, soit un ratio de 3 m3 par tonne traitée.

4. Des garanties au niveau de l’exploitation
- Le type de marché passé rend le constructeur et l’exploitant entièrement solidaires. En cas de problème, ils sont obligés de  s’entendre pour trouver une solution le plus rapidement possible.
- Au démarrage de l’usine, la mise en route se fera progressivement, de manière à éviter tout risque de saturation des lignes de traitement.
- Une fois que l’usine fonctionnera à pleine capacité, tout lot de déchets entrants ne pouvant être traité à cause d’une panne ou d’un dysfonctionnement quelconque, devra être envoyé vers un centre de traitement extérieur.

Tous ces dispositifs ont un prix. Le coût de réalisation de l’UTV 65 est très largement supérieur par rapport aux UTV existantes.
Rapporté à la tonne de déchets traités à l’année, il est pratiquement le double par rapport à une UTV en particulier, où les problèmes d’odeurs se sont posés avec une certaine acuité.

 

Pourquoi y a-t-il eu des problèmes de mouches dans d’autres UTV ?

En prenant pour exemple ce qui s’est malencontreusement passé dans une UTV en particulier, certains accusent la méthanisation de
favoriser la prolifération des mouches. Qu’en est-il exactement ? Ce phénomène s’est effectivement produit, mais de manière tout à fait épisodique. Il a été provoqué par une négligence de l’exploitant, dont il n’est cependant pas entièrement responsable.

En effet, celui-ci a été confronté au problème suivant. Suite à une panne sur une ligne de traitement, l'usine n’était plus en capacité de traiter tous les déchets entrants. Ceux-ci ont donc été stockés en attendant que l’usine soit à nouveau en mesure de les absorber. Mais dans la précipitation, un lot de déchets a été « oublié » dans l’un des bâtiments.

C’est cet « oubli malencontreux » qui est à l’origine de la prolifération des mouches. En effet, les matières organiques représentent un milieu propice à leur reproduction. Sachant qu’une mouche peut pondre jusqu’à 1000 oeufs en moyenne et qu’il suffit de quelques jours pour que se développe une nouvelle génération de mouches, on comprend que le phénomène prenne rapidement une ampleur exponentielle.

Ce n’est donc pas la méthanisation qui est en cause, mais bien la présence d’un tas de déchets laissé à l’air libre. Rappelons quand même que la méthanisation se produit obligatoirement en milieu privé d’oxygène, dans lequel aucune mouche, ni aucun asticot, ne
peut sur vivre !

Qu’est-ce qui est prévu pour l’UTV 65 ?

À l’origine de ce phénomène de prolifération des mouches, il y a un problème de saturation des lignes de traitement, provoqué par une
panne. Il faut donc avant tout éviter qu’un dysfonctionnement de ce type ne ralentisse le fonctionnement de l’usine.

C’est bien ce qui est prévu pour l’UTV 65. Tous les équipements et toutes les lignes de traitement sont doublés. En cas de panne, l’usine continuera toujours à fonctionner.

De plus, le cahier des charges prévoit qu’en cas d’incapacité de l’usine à traiter tous les déchets entrants, ceux-ci devront  obligatoirement être envoyés vers un centre de traitement extérieur.

En aucun cas ils ne pourront être stockés à l’intérieur de l’usine et représenter ainsi un milieu favorable à la prolifération des mouches.

Enfin, pendant la période de démarrage, au cours de laquelle on finalise tous les réglages, la montée en puissance des lignes de  traitement se fera progressivement. L’usine ne traitera pas 70 000 tonnes dès sa mise en service et ce n’est qu’au terme d’une période  de rodage, quand tout sera parfaitement au point, qu’elle tournera à pleine capacité.

Ces dispositions permettront d’éviter les dysfonctionnements qui ont pu se produire ailleurs !