UTV 65 et risques technologiques

L’UTV 65 ne représente aucun danger pour le voisinage immédiat et pour tous les riverains qui vivent à proximité de l’usine !

Comme pour toute installation industrielle relevant de la réglementation sur les ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement), l’UTV 65 a fait l’objet d’une étude de dangers. Les conclusions sont claires et précises : l’UTV 65 ne présente aucun risque pour le voisinage et les conséquences éventuelles d’un quelconque accident technologique seront limitées au périmètre intérieur de l’installation.

Une telle affirmation mérite bien évidemment d’être justifiée et expliquée. Quant à ceux qui ne seraient pas vraiment convaincus par les explications présentées dans cette fiche informative, ils pourront toujours avoir accès à tous les détails techniques et scientifiques de l’étude de danger, qui sera mise à leur disposition pendant toute la durée de l’enquête publique. Mais commençons tout d’abord par expliquer en quoi consiste une étude de danger.

Étude de danger : une obligation règlementaire

La réalisation d’une étude de danger est rendue obligatoire par l’article L. 512-1 du code de l’environnement. Son contenu est défini au niveau de l’article R. 512-9 et par l’arrêté ministériel du 29 septembre 2005 « relatif à l'évaluation et à la prise en compte de la probabilité d'occurrence, de la cinétique, de l'intensité des effets et de la gravité des conséquences des accidents potentiels dans les études de dangers des installations classées soumises à autorisation ».

En clair, cet arrêté précise l’ensemble des risques qui doivent être pris en compte, ainsi que les méthodes de calcul devant être utilisées pour évaluer leur probabilité, leur intensité, ainsi que leurs effets sur les personnes présentes à l’intérieur et à l’extérieur d’un site industriel. Ainsi, en cas d’explosion provoquée par une fuite de gaz, on en évalue tout d’abord l’intensité. Laquelle dépend de la nature et de la quantité du gaz incriminé dans la fuite, qui peut créer ce que l’on appelle une « atmosphère explosive ». Puis on calcule les effets de surpression provoqués par l’onde de choc liée à l’explosion. Effets qui diminuent au fur et à mesure que celle-ci se disperse.

On est ainsi en mesure d’établir un rapport entre la distance par rapport au lieu de l’explosion et les effets sur l’homme. On peut donc délimiter les zones correspondant aux différents niveaux de dangers. Par exemple, pour l’UTV 65, pour le scénario prenant en compte une fuite au niveau des joints de la canalisation d’amenée des gaz, l’effet de surpression sera de 50 millibars. Il représentera un danger significatif pour des personnes se trouvant à moins de 13 mètres du lieu de l’explosion. Mais pour qu’il y ait danger de mort, il faudrait que l’effet de surpression atteigne 140 millibars. Ce qui ne pourra jamais être le cas pour l’UTV 65, pour la simple et bonne raison qu’il n’y aura pas de stockage de gaz à l’intérieur de l’usine.

Une étude de danger représente donc une démarche technique, fondée sur des connaissances scientifiques. Elle prend en compte tous les risques, y compris les moins probables, y compris ceux qui pourraient être provoqués par négligence, par malveillance ou par un acte criminel. Certes, cette étude doit être réalisée par l’industriel porteur du projet. Mais de là à en conclure que celui-ci a tout intérêt à minimiser certains risques et qu’une telle étude serait sujette à caution, ce serait oublier qu’elle doit aussi être validée par les services de l’Etat. Or les inspecteurs des installations classées sont des ingénieurs hautement qualifiés. Ils sont là pour veiller au respect de la réglementation et à la validité des méthodes d’évaluation des risques utilisées. Leur implication dans cette démarche en garantit la crédibilité et l’objectivité !

UTV 65 : des effets limités au périmètre intérieur de l’usine

Pour l’UTV 65, ont été pris en compte les risques d’explosion, d’incendie, de pollution toxique et de pollution de l’eau et des sols. Pour chacun de ces risques, toutes les causes et les origines possibles ont également été prises en compte. Par exemple, l’augmentation de la pression interne d’un digesteur ou encore une fuite de canalisation de biogaz à l’intérieur d’un local, qui peuvent provoquer une explosion. Par exemple encore, la rupture d’une canalisation de biogaz, qui peut entraîner un risque d’intoxication due à la présence d’hydrogène sulfurée (H2S).

Tous les scénarios étudiés pour chacun de ces risques montrent que les zones de dangers significatifs pour la vie humaine restent circonscrites à l’intérieur du périmètre de l’usine. Ce qui signifie que, dans tous les cas, les riverains les plus proches de l’usine ne seront pas impactés par un quelconque accident industriel, y compris celui de l’explosion ou de la pollution toxique. De tels risques sont d’ailleurs considérés au plan règlementaire comme des événements très improbables (annexe 1 de l’Arrêté du 29 septembre 2005), c'est-à-dire comme « des événements s’étant déjà produits dans ce secteur d’activité, mais ayant fait l’objet de mesures correctives réduisant significativement leur probabilité ».

Incendie : le risque le plus significatif, mais sans danger pour les riverains

Par contre, le risque d’incendie dans une installation de traitement de déchets comme l’UTV 65 est considéré un événement fortement probable, pour la simple et bonne raison que tout stockage de déchets peut facilement prendre feu. L’incendie qui a détruit l’usine de Fos sur Mer en novembre 2013, bien que probablement d’origine criminelle, en est malheureusement un bon exemple.

Dans les dispositifs prévus contre ce risque d’incendie, l’UTV 65 a d’ailleurs bénéficié du retour d’expérience de l’accident de Fos Sur Mer, où l’incendie n’avait pas été détecté suffisamment tôt et s’était ensuite propagé très rapidement. Les moyens de  détection, de prévention et de lutte contre les risques d’incendie ont été considérablement renforcés, pour un coût qui avoisine les 500 000 €.

Ainsi des caméras thermiques seront installées sur la zone de réception des déchets. Celle-ci sera en outre totalement isolée du reste de l’usine par un mur coupe-feu et sera équipée par des moyens de lutte, comme des sprinklers (asperseurs d’eau) et des extincteurs. Les équipements de tri en seront également dotés. Les convoyeurs de déchets passant d’un bâtiment à l’autre seront en matériau ignifugé pour éviter la propagation de l’incendie entre les bâtiments. Bref, partout où un départ de feu peut se produire et dans toutes les zones où il pourrait se propager, des moyens ont été prévu pour éviter le pire.

Donc, même si le risque ne peut pas totalement être exclu, ses effets seront forcément limités. Dans tous les cas, y compris le plus grave, la zone de dangers significatifs pour la vie humaine reste circonscrite dans les limites de l’usine et il n’y a aucun risque d’effet domino, c'est-à-dire de propagation de l’incendie en dehors de l’usine. Les risques existent, mais uniquement pour les personnes qui se trouvent à l’intérieur et qui, pour le scénario le plus grave, seraient à moins de 13 mètres des flammes !

En conclusion, on peut affirmer que, même si le risque d’incendie ne peut être écarté, les riverains les plus proches ne seront pas impactés.